An open-front cotton kimono jacket worn over a plain tee

Yukata ou kimono : ce qui les distingue vraiment

On emploie yukata et kimono comme si l'un était la version polie de l'autre. Ce ne sont pas deux noms pour un même vêtement, ni deux vêtements à la frontière floue. Le yukata est un kimono, plus précisément un kimono en coton sans doublure. Tout le reste en découle.

Veste kimono ouverte en coton portée sur un t-shirt uni
La version portable de la forme : un devant ouvert, sans obi, sans cérémonie.

La doublure fait toute la différence

Un kimono de cérémonie est doublé, souvent en soie, et conçu pour se porter sur d'autres couches. Le yukata est une seule épaisseur de coton non doublé. Retirez la doublure, et le vêtement devient plus léger, moins cher, plus rapide à laver et impossible à porter en tenue habillée. Toutes les autres différences viennent de cette décision.

Ce qui se porte dessous

Le kimono se porte sur un juban, une sous-robe dont le col doit se voir à l'encolure. Le yukata se porte à même la peau, et c'est pourquoi on le retrouve aux fêtes d'été et dans les ryokan, les auberges traditionnelles, comme quelque chose de proche du peignoir. Si vous voyez un col blanc dépasser à la gorge, c'est un kimono.

La manche

Les manches d'un kimono homme sont cousues sur une plus grande partie du corps et pendent moins bas que celles des femmes. Celles du yukata sont encore plus courtes. Aucune n'atteint la longue manche pendante que l'on imagine, qui appartient à la tenue de cérémonie féminine.

Comment chacun se ferme

Les deux se croisent gauche sur droite. Droite sur gauche, c'est ainsi que l'on habille les morts, et c'est la seule erreur à ne jamais faire. Les deux tiennent par un obi, mais pas le même. Le kimono prend une ceinture plus large et plus rigide, nouée avec plus de cérémonie. Le yukata prend un obi étroit et souple qui se noue en quelques secondes. Aucun n'a de bouton ni de fermeture, et c'est pourquoi la ceinture a un rôle structurel plutôt que décoratif.

Le tissu parle avant tout le reste

Le yukata est en coton, parfois en mélange, et en général imprimé : indigo sur blanc ou blanc sur indigo, dans des motifs autrefois teints au pochoir. Le kimono est plutôt en soie, et son décor est plus souvent tissé ou peint à la main qu'imprimé. Posez la main sur le tissu, et la question se règle souvent avant même d'avoir regardé le col.

Où l'on porte chacun

Pour la plupart des hommes, le kimono est aujourd'hui cérémoniel : mariages, funérailles, occasions officielles, cérémonie du thé. Le yukata, c'est l'été, le soir et la détente. Porter un yukata là où l'on attend un kimono, c'est un peu comme arriver en robe de chambre à un mariage.

Aux pieds

Les chaussures sont l'indice le plus rapide après le col. Le kimono se porte avec des chaussettes tabi blanches à orteil séparé dans des zori, des sandales plates à entre-doigts. La séparation de la chaussette existe pour laisser passer la bride. Le yukata se porte pieds nus dans des geta, les sandales en bois surélevées que l'on entend claquer sur le trottoir des fêtes d'été. Des chaussettes avec un yukata, c'est une faute, et les pieds nus avec un kimono de cérémonie en est une pire.

Les tabi ont survécu aux deux vêtements. Les chaussettes tabi se portent aujourd'hui avec des sandales ordinaires et sous un pantalon large et court, là où la cheville se voit.

Yukata ou kimono en un coup d'œil

YukataKimono
DoublureNon doublé, une seule épaisseurDoublé
TissuCoton ou mélange, en général impriméSouvent soie, tissée ou peinte à la main
DessousÀ même la peauSur un juban, col visible
CeintureObi étroit et souple, noué en quelques secondesObi plus large et plus rigide
PiedsNus, dans des geta en boisChaussettes tabi blanches et zori
SaisonÉtéToute l'année, doublé pour les mois froids
OccasionFêtes, auberges, soiréesMariages, funérailles, thé, cérémonies

Le haori n'est ni l'un ni l'autre. C'est une veste courte portée ouverte par-dessus le kimono.

La saison décide autant que l'occasion

Le calendrier traditionnel divise l'année en trois. D'octobre à mai, le kimono est doublé, on dit awase. En juin et en septembre, il n'est pas doublé, on dit hitoe, mais se porte toujours sur une sous-couche. Juillet et août appartiennent au tissu le plus léger, et c'est là que vit le yukata.

La question est donc rarement yukata ou kimono. C'est quel mois, et pour aller où. Un kimono de soie doublé à une fête de juillet serait aussi étrange qu'un yukata en coton à un mariage de janvier.

Ce qui change pour les hommes

Les versions masculines sont plus sobres. Les couleurs vont de l'indigo au gris, au brun et au noir, et les motifs sont de petites rayures, des carreaux ou un tissu uni. L'obi change aussi. Les hommes portent un kaku obi étroit et rigide ou un heko obi large et souple, et le nouent bas sur les hanches, sous le ventre. Les femmes nouent le leur plus haut, à la taille.

Sur un kimono homme, les manches sont cousues au corps presque jusqu'à l'emmanchure. Cette manche fermée est le moyen le plus rapide de distinguer un vêtement d'homme d'un vêtement de femme sur un cintre.

Trois vérifications en cinq secondes

  • Regardez l'encolure. Un second col sous le premier veut dire une sous-couche, donc un kimono.
  • Regardez les pieds. Pieds nus dans des geta en bois, c'est un yukata. Tabi blanches dans des zori, un kimono.
  • Regardez le tissu. Coton imprimé, c'est un yukata. Soie brillante ou motif tissé, un kimono.

Deux sur trois suffisent pour avoir raison presque à chaque fois.

Comment un homme met un yukata

Tenez le yukata ouvert, manches enfilées, et placez la couture du dos au milieu de la colonne. Croisez d'abord le pan droit sur le corps, puis le pan gauche par-dessus, pour que le côté gauche soit dessus. Serrez le col derrière la nuque et laissez-le s'ouvrir en V souple devant.

Un yukata homme est fait à la bonne longueur. Il n'y a pas de repli à la taille comme sur celui des femmes, l'ourlet doit donc déjà tomber à la cheville. Enroulez l'obi deux fois autour des hanches, sous le ventre, et nouez-le devant. Tournez ensuite le nœud vers l'arrière ou légèrement sur le côté. Deux minutes suffisent une fois qu'on l'a fait deux fois.

Ce qui compte si vous achetez

La plupart des gens qui cherchent un kimono homme ne veulent pas un vêtement de cérémonie. Ils veulent la ligne, le devant croisé, la manche large, le tombé, dans quelque chose de portable un jour ordinaire. C'est un autre achat, et c'est celui qui vaut la peine.

La veste kimono en coton reprend la forme ouverte dans un coton léger, du XS au XXL. La chemise kimono à col croisé garde le large croisement et la manche trois-quarts ample, nouée à la taille par un seul lien intérieur. Les deux sont réunies dans le kimono homme.

Chemise kimono bleu marine à col croisé et manches courtes et larges, portée avec un pantalon gris clair
La chemise kimono à col croisé garde le croisement gauche sur droite dans une chemise à porter avec un pantalon.

Si c'est la couche portée par-dessus plutôt que le vêtement lui-même qui vous attire, c'est un haori, une forme à part avec ses propres règles.

Celui qu'il vous faut vraiment

Si l'occasion est habillée et japonaise, un kimono, et il vaut la peine d'être bien ajusté. Si c'est l'été et informel, un yukata. Si c'est la silhouette qui vous a attiré plutôt que l'occasion, le croisement, l'aisance dans le corps, la manche, alors ni l'un ni l'autre : une veste ouverte en coton sera portée cent fois plus souvent. Commencez par la veste japonaise homme.

Pour aller plus loin

Les articles de Wikipédia sur le kimono et le yukata couvrent les variantes régionales et saisonnières plus en détail qu'un guide d'achat. Pour les seize vêtements réunis au même endroit, avec leurs noms japonais, voyez les vêtements traditionnels japonais.