Le pantalon que l'on appelle « pantalon de samouraï » est le hakama. C'est un pantalon large et plissé, noué à la taille et porté par-dessus un kimono, qui fait partie du costume japonais depuis bien plus de mille ans. Les samouraïs le portaient, d'où son surnom, mais la cour impériale aussi, et aujourd'hui il est porté par les pratiquants d'arts martiaux, les prêtres shinto et les étudiants lors de leur remise de diplôme.
Ce qu'est un hakama
Le hakama est fait d'une longue pièce de tissu plissée devant et derrière, attachée autour du corps par de longs cordons. Les plis lui donnent du volume sans poids, et les liens permettent à un même pantalon d'aller à plusieurs tours de taille. Il se porte haut, par-dessus le kimono, et tombe large jusqu'à la cheville.
Il a été conçu pour le mouvement. Un guerrier à cheval avait besoin de jambes qui ne serrent pas, et un pantalon plissé qui cachait les pieds rendait son jeu de jambes plus difficile à lire pour l'adversaire. Cette origine pratique explique pourquoi tant de vêtements japonais modernes placent encore leur aisance aux mêmes endroits.
Les deux types de hakama
Il existe deux formes, et la différence se trouve entre les jambes.
- L'umanori hakama a les jambes séparées, comme un pantalon très large. Son nom signifie « monter à cheval », et c'est la version des samouraïs.
- L'andon hakama n'est pas divisé, plus proche d'une longue jupe plissée. Plus facile à porter sur un kimono, il est devenu courant dans la tenue quotidienne et cérémonielle.
De loin, les deux se ressemblent presque, et c'est justement le rôle des plis.
Ce que signifient les sept plis
Un hakama traditionnel compte sept plis, cinq devant et deux derrière. Dans les arts martiaux, on dit traditionnellement qu'ils représentent les vertus du code des samouraïs, généralement citées comme la bienveillance, l'honneur, la politesse, la sagesse, la sincérité, la loyauté et la piété. Les maîtres n'en donnent pas tous la même liste, mais l'idée que le vêtement porte un code de conduite explique en grande partie pourquoi on le porte encore au dojo.
Qui porte encore le hakama
Le hakama est la tenue standard en kendo, aïkido, iaido et kyudo. Les prêtres shinto et les assistantes des sanctuaires le portent, tout comme certains interprètes de théâtre traditionnel. Et chaque printemps, de nombreuses femmes au Japon portent un hakama sur un kimono pour leur remise de diplôme universitaire, une tradition qui remonte aux premières étudiantes de la fin du XIXe siècle.
Le hakama et les pantalons japonais d'aujourd'hui
Très peu de gens portent un hakama traditionnel au quotidien, mais sa silhouette n'a jamais disparu. Les pantalons japonais modernes en reprennent les proportions : de l'aisance à l'assise et à la cuisse, une jambe qui tombe au lieu de coller, et une taille nouée ou froncée plutôt que serrée. Les pantalons japonais du streetwear sont surtout des coupes sarouel, larges et raccourcies construites sur cette logique.
Nous ne vendons pas de hakama. Les coupes les plus proches chez nous sont les coupes larges et baggy et les sarouels à fourche basse, qui offrent la même aisance à l'assise sans le devant plissé.
Les autres pantalons traditionnels japonais
Le hakama n'est pas le seul. Le samue est le pantalon ample à cordon des moines zen, porté pour les travaux du temple et devenu une tenue d'intérieur courante. Le pantalon tobi est celui des ouvriers qui travaillent en hauteur : il gonfle jusque sous le genou puis se resserre au mollet. Le monpe est un pantalon ample de travail agricole resserré à la cheville. À eux trois, ils expliquent presque toutes les coupes de pantalon japonais utilisées aujourd'hui.

























